Les carences nutritives de la population belge

Adopter une alimentation variée, saine et équilibrée représente l’objectif à atteindre. Mais qu’en est-il vraiment ? Les Belges adoptent-ils vraiment de bons réflexes en matière d’alimentation ?

Les enquêtes de la consommation alimentaire belge

Régulièrement, les pays organisent des enquêtes nationales pour récupérer des données afin d’adapter et d’évaluer les apports nutritifs de la population. Ces études permettent de suivre les changements et habitudes nutritionnelles d’une population donnée. La première enquête nationale de consommation alimentaire belge avait eu lieu en 2004. Les données communiquées dans cet article proviennent de la deuxième enquête nationale ayant eu lieu entre 2014 et 2015. La prochaine collecte sera réalisée courant 2022.

Tour d’horizon des principales carences alimentaires en Belgique

Le calcium

Le calcium s’impose comme un minéral essentiel pour la minéralisation et la formation du squelette. Ainsi, il correspond au minéral le plus abondant dans l’organisme. Le calcium se trouve principalement dans les produits laitiers. Cependant, l’absorption intestinale, c’est-à-dire le moment à partir duquel le corps utilise le calcium ingéré, reste faible, de l’ordre de 40%.

Dans la population belge, les apports journaliers moyens en calcium avoisinent les 711 mg pour les femmes. Cependant, les apports recommandés par les instances de santé avoisinent les 800 mg quotidiens. Ainsi, 63% des femmes ne respectent pas les besoins journaliers moyens recommandés.

Le fer

Le fer, un minéral permettant le transport d’oxygène dans l’organisme, contribue également à un fonctionnement normal du système immunitaire ainsi qu’à une réduction de la fatigue. Le boudin noir, les palourdes ou encore le foie de génisse constituent des aliments de choix pour un bon approvisionnement du corps en fer.

Les femmes belges consomment en moyenne 8,36 mg de fer par jour. Pour le fer, les instances de santé recommandent des apports journaliers de 14 mg. Ainsi, l’enquête de la consommation alimentaire en Belgique révèle que seul 4% des femmes respectent les quantités définies en termes d’apports de référence.

La vitamine B1

La vitamine B1, aussi connue sous le nom de thiamine, est notamment reconnue pour contribuer au fonctionnement normal du système nerveux et des fonctions psychologiques. D’ailleurs, une carence accrue en vitamine B1 se manifeste par un syndrome nerveux aussi appelé « maladie du béri-béri ».

Malgré le fait que les femmes adultes doivent consommer 1,1 mg de thiamine par jour, en Belgique, les apports habituels moyens des femmes approchent les 0,87 mg. Ainsi, seulement 20% de la population a des apports suffisants. La levure alimentaire ou encore le foie de volaille constituent des aliments à privilégier.

La vitamine B2

La vitamine B2, ou riboflavine, joue un rôle central dans le corps. Elle contribue à un bon métabolisme énergétique, à un fonctionnement normal du système nerveux et permet de réduire la fatigue. Des aliments comme le foie de veau, les abats ou encore le lait permettent de répondre aux besoins de l’organisme.

L’alimentation belge apportent pour les femmes 1,12 mg de vitamine B2 par jour. Cela signifie que 38% des femmes belges respectent les apports recommandés. La prise en compte des compléments alimentaires dans les apports journaliers augmente ce pourcentage à 44%.

La vitamine B6

La vitamine B6 agit en synergie avec le magnésium. Cela signifie que pris simultanément, ces nutriments se renforcent et apportent des effets plus marqués. Lorsque la vitamine B6 provient de sources alimentaires animales son assimilation devient meilleure que lorsque apportée par des sources végétales. Ainsi, les personnes avec un régime végétarien ou végétalien risquent davantage de souffrir d’une carence en vitamine B6.

L’alimentation belge des femmes apporte 1,34 mg de vitamine B6. Pour les femmes adultes, l’alimentation doit apporter 2 mg quotidien de vitamine B6. Seulement 20% des femmes respectent cette recommandation du fait de leur alimentation. La prise en compte d’un apport de complément alimentaire permet d’augmenter ce chiffre à 32%.

La vitamine B9

La vitamine B9, ou acide folique, représente la vitamine connue de toutes les femmes enceintes ou en désir de grossesse. Elle contribue en effet à la croissance des tissus maternels tel que le placenta et l’utérus. Pendant, la grossesse, une carence en vitamine B9 conduit à des malformations au niveau du système nerveux du fœtus.

Cette vitamine se retrouve particulièrement dans le foie de poulet, mais aussi dans des végétaux comme la laitue romaine, les épinards ou les asperges. En Belgique, l’alimentation quotidienne apporte aux femmes 187 µg de vitamine B9 alors que les instances de santé recommandent 200 µg journaliers et jusqu’à 400 µg lors de la grossesse. Ainsi, pas moins de 78% des femmes présentent des apports inférieurs aux besoins moyens.

La vitamine C

La vitamine C tient sa réputation à l’approche de l’hiver pour contribuer à un bon fonctionnement du système immunitaire. Les fruits tels que le cassis, le kiwi ou la fraise apportent des quantités importantes de vitamine C. Une consommation insuffisante de fruits et de légumes conduit au scorbut, une maladie occasionnant une fatigue importante.

Actuellement, environ la moitié de la population belge de 3 à 64 ans présentes des apports en vitamine C inférieurs aux besoins moyens. Les jeunes adultes rencontrent un risque plus important d’avoir des apports insuffisants en vitamine C. Alors n’oubliez pas d’inclure dans vos repas journaliers au moins 5 portions de fruits et de légumes.

La vitamine D

La vitamine D peut être fabriquée par la peau par suite d’une exposition aux rayons du soleil. Cependant, en fonction de la durée d’exposition, de la pigmentation de la peau ou de l’âge, les capacités de synthèse diffèrent.

Les instances de santé recommandent des apports journaliers de 5 µg. L’alimentation des femmes permet d’apporter 3,47 µg. Cependant, les femmes ont conscience du manque de vitamine D et consomment davantage de compléments alimentaires. Ainsi, avec les compléments, leurs apports deviennent suffisants. Attention à noter qu’au-delà de 50 µg par jour, il y a un risque d’apports trop élevés.

Résumé

D’après la dernière étude belge sur la consommation alimentaire réalisé en 2014, les apports en certains nutriments ne satisfaissent pas les besoins du corps. Ainsi, il faut consommer plus de produits laitiers pour augmenter les apports en calcium, mais aussi en vitamine B6. Une consommation accrue de fruits et légumes permettra de satisfaire les besoins en vitamine C. Les vitamines B1, B6 et B9 pourront être apportés par une part plus importante de produits céréaliers dans l’alimentation quotidienne. À noter également que malgré une utilisation de compléments alimentaires pour la vitamine D, les apports restent insuffisants. Attention cependant à ne pas dépasser les apports maximaux tolérables.
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Messages clés à retenir

  • 63% des femmes ne respectent pas les besoins journaliers moyens recommandés en calcium
  • Seul 4% des femmes respectent les quantités définies en termes d’apports de référence en fer
  • Les apports moyens habituels pour les femmes en vitamine B1 ne suffisent pas à répondre aux apports quotidiens conseillés
  • 38% des femmes belges respectent les apports recommandés en vitamine B2
  • Seulement 20% des femmes respectent les recommandations concernant les apports en vitamine B6
  • Pas moins de 78% des femmes présentent des apports inférieurs aux besoins moyens en vitamine B9
  • Les jeunes adultes rencontrent un risque plus important d’avoir des apports insuffisants en vitamine C
  • Les compléments alimentaires permettent de garantir des apports suffisants aux femmes concernant la vitamine D. Attention tout fois au risque d’excès.
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